Jules Sèglas

En el escrito “De una cuestión preliminar a todo tratamiento posible de la psicosis”, Lacan expresa que los clínicos han descubierto la alucinación motriz verbal al detectar los movimientos fonatorios esbozados. Luego aclara que esto no implica que hayan articulado su punto crucial: que el sensorium es indiferente en la producción de una cadena significante.

En el Seminario de 1955-56 puede leerse que rescata el aporte de Sèglas, quien  a pesar de que se centró en una exploración fenoménica de la alucinación, aportó claridad a la clínica:

Las alucinaciones verbales se producían en personas en las que podía percibirse, por signos muy evidentes en algunos casos, y en otros mirándolos con un poco más de atención, que ellos mismos estaban articulando, sabiéndolo o no, o no queriendo saberlo, las palabras que acusaban a las voces de haber pronunciado.

A continuación Lacan expresa: percatarse de que la alucinación auditiva no tenía su fuente en el exterior, fue una pequeña revolución.

Presentamos a continuación el fragmento del libro en el que Sèglas desarrolla el concepto de alucinación motriz; con su traducción al castellano. Esta referencia corresponde a la página 37.
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LEÇONS CLINIQUES. LES MALADIES MENTALES ET NERVEUSES

Jules Séglas[1]

Avant de pousser plus avant dans l’étude des hallucinations, permettez-moi, Messieurs, de vous présenter une malade atteinte d´ hallucinations verbales auditives.

C’ est une femme au verbiage exubérant, persécutée, dit-elle par les esprits, le spiritisme; en outre, elle a des idées mégalomaniaques. Elle prétend qu’elle est reine de Hollande, qu’elle possèdait des milliards etc. Son délire est dèjá ancien, et cette femme, d´une faible intelligence, un peu sénile d’autre part, présente une certaine dissociation intellectuelle. Il est cependant facile de reconnaître chez elle des hallucinations verbales auditives manifestes.

À nos questions, elle répond en général assez correctement; mais parfois vouz la voyez s´ interrompre dans son discours, tourner la tête comme vers un interlocuteur invisible, tendre très manifestement l’ oreille comme si elle prêtait attention à une voix qui lui parle, puis répondre à ce personnage imaginaire. Ce dialogue intercalaire terminé, elle revient à la conversation. Elle s´excuse alors et explique qu’elle a été interrompue par un esprit qui lui parlait du côté gauche, mais elle l’entend par les deux oreilles, et d’une façon si nette que nous avons dû, assuret-elle, l’ entendre aussi très distinctement.

Vous voyez même qu’elle peut, presque à volonté provoquer ses hallucinations de l’ouie. Elle pose une question à haute voix en se tournant

vers un point de l’espace: «Eh bien, parlez, répondez, ajoute-t-elle». Puis vous la voyez écouter, en tendant l’oreille, la réponse de son interlocuteur imaginaire. Elle lui ordonne même de nous parler, et refuse de croire que nous n’ayons pas saisi la réponse qu’ elle a, elle, si nettement entendue.

Voilà, Messieurs un bel exemple d’hallucinations auditives. Mais cette malade a encore d’ autres troubles hallucinatoires.

Elle en fait elle même la différence.

Outre cet esprit qui parle à son oreille, d’autres voix lui viennent d’ aillerurs.

Ses persécuteurs, vous dit-elle ont mis «un téléphone dans son gosier». «Cela lui fait remuer la langue». «Elle n’entend alors aucune voix par l’oreille, et cependant elle comprend très bien ce qu’ils veulent dire».

Remarquez à ce propos un fait intéressant, sur lequel j’aurai à revenir toute à l’heure.

La malade vous parle; tout à coup la voilà qui s’interrompt pour dire avec colère: «¿Veux-tu te taire?; attends au moins que je m’explique». S’agit-il comme tout à l’ heure, d’ une réponse à une hallucination de l’ouie? Demandons à la malade elle même: «Non, dit- elle, ça n’est pas la même chose; il veut parler à ma place, avec ma langue. Cela lui arrive toujours; souvent mème je parle, et ce ne´ pas moi; le son de ma voix devient alors criard; mais c’est tout différent des voix par l’oreille».

¿Devons-nous ajouter foi à cette distinction? Assurément, Messieurs. Et nous allons essayer d’analyser le mécanisme de ce nouveau trouble psychique.

Revenons pour un instant aux éléments constitutifs de la fonction du langage.

Nous avons vu que les centres visuel et auditif pouvaient être le point de départ de phénomènes hallucinatoires.

Mais il y a encore deux autres centres, tous deux moteurs. ¿Peuvent-ils être, eux aussi l’origine d’ hallucinations?

Je crois l’avoir démontré suffisamment depuis les premiers travaux que j’ai publiés en 1888 sur ce sujet[2]; et la chose est aujourd’hui généralement admise. Je n’ y insisterai donc pas longuement.

58. Sèglas J., Progrès médical, 1888, et Troubles de langage chez aliénés. (Bibliotheque médical Charcot-Debove, 1892)

Je laisse de côté, pour le moment, le centre graphique, pour n’envisager que se qui a trait au centre moteur d’articulation. Voyons donc comment se présentent, en clinique, les hallucinations verbales motrices d’ articulation.

Il y a déjà longtemps, un aliéniste distingué, Baillarger, avait remarqué que certains malades disaient ne pas percevoir le son d’une voix; ils prétendaient la comprendre par intuition, par leur pensée, sans son. Baillarger désigna ce phénomène par le terme d’ hallucination psychique, et le distingua des hallucinations sensorielles; –ces dernières étant pour lui des voix extérieures, et les autres voix intérieures–.

Après Baillarger, certains auteurs ont cru reconnaître là des hallucinations auditives; d’ autres ont prétendu qu’il ne s’agîsait même pas alors d’ hallucinations. Dans des travaux plus récents, Ed. Fournié, Max Simon, font intervenir en pareil cas la fonction du langage, ce qu’ avait déjà soupoçonne Lélut. C’ etait la justement qu’il fallait chercher l’interprétation des hallucinations de ce genre. Il est logique, en effet, que,dans un trouble hallucinatoire amenant la perception de mots et de phrases, la fonction du langage soit intéressée.

Mais dans quelle partie des éléments du langage faut-il chercher cette explication? C’est encore la clinique qui nous répondra sur ce point.

Interroguez certains aliénés poursuivis par des voix extérieures et intérieures, et insistez pour leur faire analyser les sensations qu’ils éprouvent. Ils feront eux-mêmes la différence.

Une de mes malades formulait très exactement ses impressions: «J’entends mes voix, disait-elle, d’une façon auditive et sensitive: auditive, comme un être qui vous parlerait à l’oreille; sensitive c’est-à-dire qu’on perçoit la sensation d’un être habitant la pensée et parlant avec vous. Et c’est ainsi que j’entends tour à tour».

Tel aliéné vous dira: «J’entends des voix auditives »et tel autre: «J’comprends des voix, je les sens me parler».

Il faut faire grande attention à ces locutions des malades; elles vous mettront souvent sur la voie du diagnostic.

En effet, Messieurs, n’êtes-vous pas ainsi conduits à penser que ces hallucinations verbales, n’ayant leur siège ni dans le centre auditif, ni dans le centre visuel du langage, procèdent peut-être d’un trouble du centre moteur?

Sans doute, il peut sembler surprenant, au premier abord, qu’un centre moteur cortical donne naissance à une hallucination verbale; mais rappelez-vous d’ abord certains faits qui démontrent l’existence d’hallucinations motrices communes.

Les phénomènes observés par Weir Mitchell chez les amputés sont caractéristiques à cet égart. Tel se figure le longtemps après l’opération, avoir encore le fantôme de son membre fixé à son moignon.

De plus, il y éprouve des douleurs, il le sent se mouvoir comme malgré lui. Il a même la perception de mouvements volontaires qu’il dirige à son gré. Il dira, par exemple: J’allonge l’index, j’ écarte le pouce, je prends une plume et j’écris.

Ce sont là de véritables hallucinations motrices ayant leur origine dans les centres qui président aux mouvements des membres amputés, car elles peuvent se produire, alors même que le membres entier a été désarticulé.

Ces hallucinations motrices communes se retrouvent chez les aliénés. J’ai vu une malade qui croyait être atteinte de mouvements spasmodiques du bras droit. Ce n’était qu’un trouble hallucinatoire sourvenu après qu’elle eut fait la rencontre d’une choréique dans une salle d’électrothérapie. Elle en était revenue avec la sensation que son bras était agité de secousses convulsive; et, cependant, aucun signe objectif ne venait révéler cet état spasmodique.

Les persécutés ont aussi des hallucinations du même genre, quand ils racontent que la nuit on les secoue dans leur lit ou qu’on leur tire les membres. C’est aussi le cas des sorcières du moyen âge lorsqu’elles se disaient transportées au sabbat à travers les airs.

Vous le voyez, Messieurs, l’existence des hallucinations motrices communes est de tout évidence. Eh bien celle hallucinations motrices ver-bales n’est pas moins certaine, et ces hallucinations ne diffèrent des précédents que par leur spécialisation à la fonction du langage.

Souvent effacées, l’état normal, aux dépens des images auditives ou visuelles, les images motrices d’articulation deviennent prépondérantes chez certains individus qui, pendant la réflexion, parlent mentalement leur pensée, au lieu de le voir ou de l’entendre. Cela est tout intérieur; mais que la représentation mentale devienne plus vive, alors la pensée sera articulée à voix basse, ou même à voix haute. Souvenez-vous des personnes qui parlent toutes seules.

Qui de vous n’ a croisé dans la rue avec des moteurs verbaux de ce genre? Cependant, tous ces individus se distinguent par un signe capital: c’ est qu’ ils ont conscience que les paroles qu’ils prononcent sont bien l’expression de leur pensée.

Or, chez les hallucinés moteurs, nous retrouvons exactement les mêmes phénomènes avec les mêmes degrés, mais avec cette différence fondamentale que les mots qu’ils prononcent ne sont pas en rapport avec leurs idées conscientes; c’est là ce qui constitue la véritable hallucination verbale motrice.

Les exemples n’ en sont pas rares.

Je pourrais vous en citer plusieurs parmi ceux que j’ai rerecueillis et interprétés; les auteurs qui ont repris ensuite cette étude en ont rapporté un certain nombre.

Dès maintenant, vous pouvez conjecturer qu’il faut faire rentrer dans le groupe des hallucinations verbales motrices, celles que notre malade distingue elle-même de ses hallucinations auditives.

Avant d’aller plus loin, Messieurs, permettez-moi de m’arrêter quelques instants sur la théorie des hallucinations verbales motrices. Sa légitimité ne me semble pas contestable. Mais, comme nous aurons l’occasion d’ y revenir à maintes reprises, il est bon que vous connaissiez au moins quelques-uns des arguments à l’aide desquels j’ai cru devoir l’ étayer et la défendre.

Je vous ai dit que les malades atteints d’ hallucinations verbales de l’ouie et de la vue étaient déjà des auditifs ou des visuels; j’ajoute que les hallucinés moteurs verbaux sont au préalable des moteurs.

Bien souvent j’ai eu l’occasion d’ en faire la remrque.. Une jeune fille atteinte d’ hallucinations verbales motrices me disait par exemple: «Du reste, tout ce que je pense, cela m’arrive sur la langue et je suis toujours prête à le dire». Un autre aliéné disait de même: «Je ne puis pas penser bas, cela m’ étouffe, et il me faut parler soit bas, plus souvent tout haut quand je pense». M. Ballet a également vérifié ce fait chez plusieurs de ses malades.

Lorsque des individus sont devenus hallucinés en ce sens, les images motrices d’articulation correspondant même à leur pensée consciente acquièrent une vivacité extrême et tendent à s’exterioriser. Aussi beaucoup se plaignent-ils que cette pensée se formule et leur échappe de la bouche, avant mème qu’ils aient eu le temps de la prononcer volontairement. C’est ce que Pieraccini appelle, non sans justesse, «la fuite de la pensée». Et ce phénomène est souvent l’origine d’interprétations délirantes variées.

Stricker, de son còte, a fait une constatation importante et qui peut fournir un nouvel argument à notre théorie.

Il avait remarqué que s’il est possible de penser à deux mots différents en même temps, à l ‘aide de deux images verbales différentes ou même de deux images sensorielles de même nature, on ne peut y parvenir au moyen de deux images motrices simultanées.

Or, vous rencontrerez des malades, atteints d’ hallucinations verbales motrices, qui en sont dèbarrasés lorsqu’ils se mettent à parler. Il en est qui emploient d’eux-mêmes ce subterfuge pour faire taire les voix qui les tourmentent; d’ autres lisent à haute voix la journée entière. Il semble que leurs images motrices occupées à ces discours ou à ces lectures ne puissent plus fournir l’appoint nécessaire pour produire l’hallucination.

Inversement, certains sujets sont tellement absorbés par leurs hallucinations, qu’ils sont dans l’impossibilité de répondre quand on les interroge.

Témoin la malade que je vous ai présentée. Vous avez vu qu’au cours de sa conversation elle s’est interrompue soudain pour dire à son hallucination motrice d’ attendre pour parler qu’elle-même se siot expliquée.

Ainsi, l’hallucination absorbe l’image motrice nécessaire à l’élaboration de la réponse, et les malades sont obligés d’attendre que le phénomène ait cessé, pour pouvoir utiliser librement leur centre moteur d’articulation. Dans des cas extrêmes, la persistance de l’hallucination devient un obstacle permanent à l’expression de la pensée mème du malade, qui se renferme alors dans un silence absolu.

Les hallucinations motrices, soit dit en passant, peuvent done s’ajouter aux causes déjà nombreuses du mutisme vésanique.

Voilá déjà, Messieurs, plusieurs arguments qui nous font entrevoir le rôle capital du centre moteur d’articulation dans ces hallucinations verba-les motrices. Ce rôle peut aussi être mis en évidence d’une manière indirecte. Je cite un exemple. Une malade, qui avait de ces hallucinations verbales, éprouvait en même temps des mouvements très nets de la langue qu’elle sentait «vaciller». Elle ressentait également, par instants, des mouvements analogues dans les narines ou les paupières, mais ceux- là ne lui disaient rien. Il fallait pour qu’elle les comprît qu’ils fussent accompagnés des mouvements de la langue, les seuls, en effect, qui se trouvaient effectivement en rapport avec la fonction du leguaje.

Certaines habitudes des aliénés viennent aussi confirment l’existence et la nature des hallucinations verbales motrices. Vous savez que certains hallucinés de l’ouie se bouchent le oreilles, espérant étouffer ainsi les bruits qui les obsèdent. Les uns emploient du coton, d’ autres des coiffures bizarres, de véritables casques en étoffe et en carton, comme une malade que vous avez pu voir dans le service.

Les hallucinés moteurs ne font rien semblable; mais en revanche, ils prennent des habitudes qui nous indiquent bien la nature et le siège de leurs hallucinations. Ils tiennent leur langue serrée entre leurs dents; ils suspendent leur respiration; ils se bourrent la bouche de cailloux.

Ainsi faisait un malade s’imaginant que les mouvements de sa langue étaient transmis à ses ennemis par de l’air des fosses nasales au moyen d’un appareil télescopephonique. Les caillaux dont il s’ emplissait la bouche avaient pour but de faire cesser les mouvements imaginaires de sa langue.

Il ne faut pas attacher moins d’ importance au facies des hallucinés. Les auditifs on l’air de gens qui écoutent. Les moteurs au contraire remuent les lèvres ou semblent marmotter des paroles inintelligibles. Quelquefois ils se comprimement l’epigastro avec la main, s’imagiant que là est le point de départ de leur voix. Il ne faut pas nègliger non plus, toutes les fois que la chose est possible, de faire écrire les malades sous l’empire de leurs hallucinations: on verra les auditifs écrire comme sous une dictée, tandis que les moteurs, en écrivant, feront des mouvements d’articulation avec les lèvres.

Ces preuves suffiront, Messieurs, je l’ espère, pour vous convaincre de l’existence et de la nature des hallucinattions verbales motrices. Vous voyez aussi comment on peut arriver à les reconnaitre.Il faut l’avouer, leur interprétation n’ est pas toujours aisèe. Il est des cas complexes qu’on ne dèbrouille qu’à grand-peine, surtout quand les malades ont l’ esprit faible ou troublé par une affection mentale déjà de longue date. D’ ailleurs, ils ne sont pas toujours bons psychologues, et ils analysent confusément leurs sensations; mais, par une observation prolongée et attentive, on arrive généralemente à définir la part qui revient dans leurs hallucinations à l’élément moteur. Souvent l’ hallucination motrice, qui n’existait pas nettement au début de la maladie, apparaît manifeste à la longue.Une de mes malades me disait fort exactement ceci: «Autrefois, je causais de coeur, mais maintenant je cause de bouche et ma langue est demanchée».

Au point de vue de leur intensité les hallucinations verbales motrices sont très variables.

Certains aliénés n’ont que la voix intérieure, et l’ observateur ne peut en reconnaître le caractère que d’après les descriptions des patients. D’ autres parlent à voix basse ou font seulement simples des mouvements d’articulation avec les lèvres.Enfin l’hallucination peut se manifester à voix haute.

Dans le premier degré, il s’agit d’une simple conversation mentale: c’est l’hallucination verbale kinesthétique simple; dans le second, l’hallucination verbale motrice est complète. Dans le dernier, on a affaire à une véritable impulsion verbale.

Toutes ces variétés, Messieur, se retrouvent en clinique, et elles méritent d’être bien définies, car elles n’ont pas seulement un’intérêt théorique. Une hallucination motrice n’a pas la même signification psychologique, clinique et pronostique, qu’une hallucination de l’ouie, et la détermination des divers degrés d’ hallucinations motrices a également son importance.

Je terminerai la cette courte révision séméiologique. Je tenais seulement à vous faire passer une revue, sous leurs aspects les plus simples, les différentes variétés d’hallucinations -surtout verbales- pour que vous puissiez les reconnaître rapidement à la occasion; et ces notions pourront aussi nous servir de guide dans l’étude des formes complexes que nous aborderons dans notre prochaine reunión.

 * * *


“LECCIONES CLÍNICAS SOBRE LAS ENFERMEDADES MENTALES Y NERVIOSAS”

Jules Séglas[3]

Antes de avanzar en el estudio de las alucinaciones permítanme presentarles a ustedes a una enferma que padece alucinaciones verbales auditivas.

Es una mujer verborrágica, perseguida, dice por los espíritus, el espiritismo; tiene también ideas megalomaníacas. Ella pretende que es reina de Holanda, que posee millones, etcétera. Su delirio es viejo, y esta mujer, de poca inteligencia, un poco senil además, presenta una cierta disociación intelectual. No obstante, es fácil reconocer en ella alucinaciones verbales auditivas manifiestas.

A nuestras preguntas ella responde en general bastante correctamente; pero a veces pueden verla interrumpirse en su discurso, girar la cabeza como hacia un interlocutor invisible, tender muy manifiestamente su oído como si prestara atención a una voz que le hablase, y luego responder a ese personaje imaginario. Cuando este diálogo intercalado termina retoma la conversación. Ella se disculpa entonces y explica que fue interrumpida por un espíritu que le hablaba del lado izquierdo, pero que ella escucha por los dos oídos, y de una manera tan nítida, asegura, que nosotros debimos escucharlo también muy claramente.

Ustedes mismos pueden ver que ella puede casi a voluntad provocar sus alucinaciones del oído. Ella formula una pregunta en voz alta, girando hacia un punto en el espacio y dice: ‘Y bien, hable, responda, añade’ Después ustedes la verán escuchar, acercando la oreja, hacia la respuesta de su interlocutor imaginario. Ella misma le ordena hablarnos y se niega a creer que no hayamos escuchado la respuesta que, ella, tan nítidamente ha oído.

Ahí está un buen ejemplo de alucinaciones auditivas. Pero esta enferma tiene también otros trastornos alucinatorios.

Ella misma hace la diferencia.

Además de ese espíritu que le habla al oído, otras voces le llegan de afuera.

Sus perseguidores, dice ella, pusieron ‘un teléfono en su garganta’. ‘Esto le hace mover la lengua’. ‘No escucha en aquel momento ninguna voz por el oído, y sin embargo comprende muy bien lo que quieren decirle’.

Observen a propósito de eso un hecho interesante, sobre el cual tendré que volver más adelante.

La enferma les habla; se interrumpe de golpe para decir con enojo. ‘¿Quieres callarte?; espera por lo menos a que me explique’. ¿Se trata como antes de una respuesta a una alucinación del oído? Preguntémosle a la misma enferma: ‘No, dice, no es lo mismo; quiere hablar en mi lugar con mi lengua. Esto me sucede siempre; a menudo cuando hablo y no soy yo, el sonido de mi voz se vuelve chillón; pero es totalmente diferente de las voces que escucho en el oído’.

¿Debemos creer en esta distinción? Seguramente. Intentaremos analizar el mecanismo de este nuevo trastorno psíquico.

Volvamos por un instante a los elementos constitutivos de la función del lenguaje.

Vimos que los centros visual y auditivo podían ser el punto de partida de fenómenos alucinatorios.

Pero existen todavía otros dos centros, ambos motores. ¿Pueden ser también el origen de las alucinaciones?

Creo haberlo demostrado suficientemente desde los primeros trabajos que publiqué en 1888 sobre este tema, y hoy en día esto está generalmente admitido. No insistiré entonces sobre esto. Dejo de lado, por el momento, el centro gráfico para no tratar más que lo que tiene relación con el centro motor de la articulación. Veamos entonces, cómo se presentan en la clínica las alucinaciones verbales motrices de articulación.

Hace tiempo un alienista distinguido, Baillarger, señaló que ciertos enfermos decían no percibir el sonido de una voz; pretendían comprender por intuición, por su pensamiento, sin sonido. Baillarger designó este fenómeno con el término ‘alucinación psíquica’, y la distinguió de las alucinaciones sensoriales, –estas últimas eran para él voces exteriores y las otras, voces interiores–.

Después de Baillarger ciertos autores creyeron reconocer allí alucinaciones auditivas, otros pretendieron que no se trataba entonces de alucinaciones. En trabajos más recientes, ediciones Fournié, Max Simon, hace intervenir en casos similares la función del lenguaje, lo que ya había sospechado Lélut. Allí debía buscarse justamente la interpretación de las alucinaciones de este tipo. Es lógico que en un trastorno alucinatorio se comprometa la percepción de palabras y frases, y se vea afectada la función del lenguaje.

¿Pero en qué parte de los elementos del lenguaje hay que buscar esta explicación? La clínica responde sobre ese punto.

Pregunten a ciertos alienados perseguidos por voces exteriores e interiores, e insistan en hacerles analizar las sensaciones que experimentan. Ellos mismos harán la diferencia.

Una de mis enfermas formulaba muy exactamente sus impresiones: ‘Escucho mis voces –decía – de manera auditiva y sensitiva: auditiva, como un ser que me habla al oído; sensitiva es decir que percibo la sensación de un ser que habita mi pensamiento y habla con usted. Así registro uno y otro’.

Un alienado dirá: escucho voces auditivas y otro semejante: yo oigo voces, yo siento que me hablan.

Hay que prestar mucha atención a estas locuciones de los enfermos: ellas frecuentemente los guiarán sobre el diagnóstico.

En efecto, ¿no fueron de esta manera conducidos a pensar que estas alucinaciones verbales que no tienen sede ni en el centro auditivo ni en el centro visual del lenguaje, proceden quizá de un trastorno del centro motor?

Sin duda puede parecer sorprendente, a primera vista, que un centro motor cortical dé nacimiento a una alucinación verbal; pero recuerden primero, ciertos hechos que demuestran la existencia de alucinaciones motrices comunes.

Los fenómenos observados por Weir Mitchell en los amputados son característicos al respecto. Dicho enfermo cree, mucho tiempo después de la operación, que todavía tiene el fantasma de su miembro fijado a su muñón.

Además, experimenta dolores, siente que se mueve a pesar suyo. Asimismo tiene la percepción de movimientos voluntarios que dirige según su voluntad. Dice, por ejemplo: ‘estiro el índice, separo el pulgar, tomo una lapicera y escribo’.

Estas son verdaderas alucinaciones motrices que tienen su origen en los centros que presiden los movimientos de los miembros amputados, puesto que pueden producirse aunque el miembro entero haya sido desarticulado.

Estas alucinaciones motrices comunes se encuentran en los alienados. Vi a una enferma que creía tener movimientos espasmódicos del brazo derecho. No era más que un trastorno alucinatorio que apareció después que encontró a una paciente coreica en la sala de electroterapia. Volvió con la sensación de que su brazo estaba agitado con sacudidas convulsiva; no obstante, ningún signo objetivo podía revelar este estado espasmódico.

Los perseguidos también tienen alucinaciones del mismo tipo cuando cuentan que en la noche los sacuden en la cama o que les tiran de las piernas. Este también era el caso de las brujas de la Edad Media que decían que eran transportadas durante el sabbat a través del aire.

Como ven la existencia de alucinaciones motrices comunes es absolutamente evidente. Y bien esas alucinaciones motrices verbales no son menos ciertas que las anteriores en las que sólo difieren por su especialización en la función del lenguaje.

A menudo borradas en el estado normal, a expensas de las imágenes auditivas o visuales, las imágenes motrices de articulación se vuelven preponderantes en ciertos individuos que durante la reflexión dicen mentalmente su pensamiento en lugar de verlo o escucharlo. Esto es completamente interior; la representación mental se vuelve más viva, mientras que el pensamiento es articulado en voz baja, o incluso en voz alta. Acuérdense de las personas que hablan solas.

¿Quién no se cruzó en la calle con enfermos motores verbales de este tipo? Sin embargo, todos estos individuos se distinguen por un signo capital: tienen conciencia de que las palabras que pronuncian son la expresión de su pensamiento.

Ahora bien, en los alucinados motores encontramos exactamente los mismos fenómenos en la misma medida, pero con la diferencia fundamental que las palabras que pronuncian no están en relación con sus ideas conscientes; esto es lo que constituye la verdadera alucinación verbal motriz.

Los ejemplos no son raros.

Podría citar varios entre los que he recogido e interpretado: los autores que han retomado este estudio relevaron un cierto número.

A partir de ahora podrán conjeturar que es necesario hacer entrar en el grupo de las alucinaciones verbales motrices las que nuestra enferma distingue por sí misma de sus alucinaciones auditivas.

Antes de continuar, permítanme detenerme algunos instantes sobre la teoría de las alucinaciones verbales motrices. Su legitimidad no parece controvertida. Pero, como tendremos ocasión de volver en muchas oportunidades, es bueno que conozcan por lo menos algunos de los argumentos que me ayudaron a plantearlas y defenderlas.

Les dije que los enfermos que padecen de alucinaciones verbales del oído y de la vista eran ya auditivos o visuales; añado que los alucinados motores verbales son precedentemente motores.

A menudo tuve la oportunidad de hacer la observación sobre ello. Una joven que tenía alucinaciones verbales motrices me decía por ejemplo: ‘por lo demás, todo lo que pienso me ocurre en la lengua y estoy en todo momento dispuesta a decirlo’. Otro alienado también decía: ‘no puedo pensar bajo, eso me asfixia, y necesito hablar ya sea bajo o alto cuando pienso’. Ballet verificó igualmente este hecho en varios de sus enfermos.

Cuando los individuos se vuelven alucinados en este sentido, sus imágenes motrices de articulación que se refieren incluso a su pensamiento consciente adquieren una vivacidad extrema y tienden a exteriorizarse. También muchos se quejan porque este pensamiento se formula y se les escapa de la boca antes de tener tiempo de pronunciarlo voluntariamente. Es lo que Pieraccini llama, no sin acierto, ‘la fuga del pensamiento’. Y este fenómeno a menudo es el origen de interpretaciones delirantes variadas.

Stricker, por su parte, hizo una constatación importante que puede dar un nuevo argumento a nuestra teoría.

Señaló que si es posible pensar en palabras diferentes al mismo tiempo, con ayuda de dos imágenes verbales diferentes o incluso de dos imágenes sensoriales de la misma naturaleza, sólo se puede llegar a eso a través de dos imágenes motrices simultáneas.

Ahora bien, encontrarán enfermos que tienen alucinaciones verbales motrices que desaparecen cuando comienzan a hablar. Están los que emplean este subterfugio para hacer callar las voces que los atormentan; otros leen en voz alta el día entero. Parece que sus imágenes motrices ocupadas en esos discursos o en estas lecturas ya no pueden dar la ayuda necesaria para producir la alucinación.

Inversamente, ciertos sujetos están tan tomados por sus alucinaciones que no pueden responder cuando se los interroga.

El testimonio de ello es la enferma que les presenté. Vieron que en el transcurso de su conversación se interrumpió de repente para decirle a su alucinación motriz que esperara para hablar a que ella se hubiese explicado.

Así, la alucinación absorbe la imagen motriz necesaria para la elaboración de la respuesta, y los enfermos están obligados a esperar que el fenómeno cese para poder utilizar libremente su centro motor de articulación. En casos extremos, la persistencia de la alucinación se transforma en un obstáculo permanente para la expresión del pensamiento del enfermo, y se encierra entonces en un silencio absoluto.

Las alucinaciones motrices, dicho de pasada, pueden añadirse entonces a las numerosas causas del mutismo vesánico.

He aquí varios argumentos que nos hacen entrever el rol capital del centro motor de la articulación en estas alucinaciones verbales motrices. Este rol también puede ser puesto en evidencia de manera indirecta. Cito un ejemplo. Una enferma, que tenía estas alucinaciones verbales, experimentaba al mismo tiempo movimientos nítidos de la lengua que sentía ‘vacilar’. Sentía también, por instantes, movimientos análogos en las fosas nasales entendiera era necesario que estuvieran acompañados de movimientos de la lengua, los únicos que efectivamente, estaban en relación con la función del lenguaje.

Ciertas costumbres de los alienados confirman también la existencia y la naturaleza de las alucinaciones verbales motrices. Saben ustedes que ciertos alucinados del oído se tapan los oídos para ahogar los ruidos que los obsesionan.

Algunos utilizan algodón, otros usan peinados extravagantes, verdaderos cascos de tela y cartón –como la enferma que pudieron ver en el servicio –.

Los alucinados motores no hacen nada semejante pero, por el contrario, tienen costumbres que nos indican muy bien la naturaleza y el origen de sus alucinaciones: mantienen su lengua apretada entre sus dientes; retienen su respiración; se llenan la boca de piedritas.

Uno de los enfermos que lo hacía se imaginaba que los movimientos de su lengua eran trasmitidos a sus enemigos a través del aire de sus fosas nasales por medio de un aparato ‘telescopefónico’. Las piedritas que llenaban su boca tenían por objetivo hacer cesar los movimientos imaginarios de su lengua.

No hay que restarle importancia a los gestos de los alucinados. Los auditivos tienen aspectos de personas que escuchan. Los motores, al contrario, mueven los labios o parecen murmurar palabras ininteligibles. A veces se comprimen el epigastrio con la mano cuando imaginan que ese es el punto de partida de sus voces. Cada vez que sea posible no hay que dejar de hacer escribir a los enfermos que tienen alucinaciones: los auditivos escriben como un dictado, mientras que los motores, al escribir hacen movimientos de articulación con los labios.

Estas pruebas serán suficientes, espero, para convencerlos de la existencia y de la naturaleza de las alucinaciones verbales motrices. Debemos confesar que su interpretación no siempre es fácil. Existen casos complejos en los que uno se las arregla a duras penas, sobre todo cuando los enfermos tienen un espíritu débil o trastornado por una afección mental de larga data; por otra parte, no siempre son buenos psicólogos, y analizan confusamente sus sensaciones. Pero a través de una observación prolongada y atenta, generalmente se puede encontrar la relación de las alucinaciones con el elemento motor.

A menudo se manifiesta a la larga una alucinación motriz que no existía nítidamente al comienzo de la enfermedad. Una de mis enfermas decía exactamente esto: ‘antes hablaba con el corazón, pero ahora hablo con la boca y mi lengua esta dislocada’.

Las alucinaciones verbales motrices son muy variadas desde el punto de vista de su intensidad.

Ciertos alienados sólo tienen la voz interior y el observador sólo puede reconocer su carácter a través de las descripciones de los pacientes. Otros hablan en voz baja o hacen solamente simples movimientos de articulación con los labios. Finalmente la alucinación puede manifestarse en voz alta.

En el primer grado, se trata de una simple conversación mental: es la alucinación verbal kinestésica simple; en el segundo caso, la alucinación verbal motriz es completa. En el último, nos encontramos con una verdadera impulsión verbal.

Todas estas variedades se encuentran en la clínica y merecen ser bien definidas puesto que no tienen exclusivamente un interés teórico. Una alucinación motriz no tiene la misma significación psicológica, clínica y pronóstica que una alucinación del oído, siendo la determinación de los diversos grados de las alucinaciones motrices igualmente importante.

Terminaré esta corta revisión semiológica. Quería tan sólo pasar revista, en sus aspectos más simples, a las diferentes variedades de alucinaciones –sobre todo verbales– para que pudieran reconocerlas rápidamente en su oportunidad, y estas nociones pueden también servirnos de guía en el estudio de las formas complejas que abordaremos en la próxima reunión.


[1] Séglas, Jules, Lecons Cliniques. Les Maladies Mentales et Nerveuses, Salpetriere, 1887-1892, Recueillies et publiees le d´Henry Meige, edit. Asselin et Houzeau, Paris. (pp 11-21)
[2] Sèglas J., Progrès médical, 1888, et Troubles de langage chez aliénés. (Bibliotheque médical Charcot-Debove, 1892)
[3] Traducción realizada por Mónica Rossi y Viviana Lapillover

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